Comment fonctionne le cours des CEE ?


Le cours des CEE correspond au prix auquel les certificats d’économies d’énergie s’échangent, généralement exprimé en €/MWh cumac. Il n’existe pas de tarif réglementé unique : leur valeur dépend des transactions et de l’équilibre entre l’offre de certificats et les besoins des acteurs obligés.
Comprendre ce cours suppose toutefois de distinguer plusieurs indicateurs et de connaître les mécanismes qui font évoluer le marché.
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie impose aux fournisseurs d’énergie et autres acteurs soumis à obligation, appelés obligés, d’atteindre un volume déterminé d’économies d’énergie.
Pour satisfaire cette obligation, ils peuvent notamment financer des opérations générant des CEE ou acquérir des certificats détenus par d’autres acteurs. Les échanges de certificats participent ainsi à la formation de leur prix.
Le registre EMMY enregistre les transferts et publie les données permettant d’observer les prix auxquels les cessions ont été enregistrées.
La P6, qui s’étend de 2026 à 2030, porte l’obligation à 1 050 TWh cumac par an, dont 280 TWhc au titre de la précarité énergétique. Ce niveau d’obligation constitue l’un des paramètres structurants de la demande de CEE sur le marché.
Plusieurs indicateurs permettent de suivre le prix des certificats. Ils reposent toutefois sur des périmètres et des temporalités différents, ce qui explique qu’ils puissent afficher des valeurs différentes pour une même période.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Utilité |
|---|---|---|
| Prix moyen EMMY | Cessions enregistrées | Observer les échanges réalisés |
| Indice spot EMMY | Transactions spot déclarées | Suivre les échanges récents |
| Indice de prix à terme | Accords avec transfert futur | Observer les prix selon l’échéance |
| Prix négocié | Transaction particulière | Connaître la valeur contractualisée |
Le prix moyen pondéré publié par EMMY est calculé à partir des cessions déclarées sur le registre et pondéré par les volumes échangés.
L’indice spot repose sur un périmètre plus restreint. EMMY précise qu’il s’agit d’un indice volontaire intégrant uniquement les transactions déclarées comme « spot ». Sa publication peut d’ailleurs être suspendue pour un mois lorsque le nombre de transactions est jugé insuffisant.
Les indices de prix à terme apportent une troisième lecture du marché. Ils portent sur des ventes dont la livraison des CEE intervient ultérieurement et permettent ainsi d’observer les prix négociés selon l’année de livraison prévue.
D’autres indicateurs permettent de suivre les conditions de marché plus récentes. C2E Market publie notamment des moyennes mensuelles de prix de clôture au comptant (spot), en CEE classiques et précarité. Ces données complètent les prix moyens EMMY, mais reposent sur un périmètre et une méthode de calcul différents.
Il n’existe donc pas un unique « cours des CEE ». Selon l’indicateur consulté, le prix peut refléter des cessions enregistrées, des transactions spot ou des ventes avec livraison future. Le prix effectivement obtenu reste celui fixé dans les conditions de la transaction.
Le marché distingue notamment les CEE classiques et les CEE précarité. Ils font l’objet de cotations distinctes sur EMMY et peuvent donc présenter des niveaux de prix sensiblement différents.
Les données disponibles pour le premier semestre 2026 illustrent cette distinction :
| Mois 2026 | CEE classiques | CEE précarité |
|---|---|---|
| Janvier | 8,48 €/MWhc | 10,83 €/MWhc |
| Février | 8,76 €/MWhc | 13,49 €/MWhc |
| Mars | 8,49 €/MWhc | 12,03 €/MWhc |
| Avril | 8,68 €/MWhc | 11,33 €/MWhc |
| Mai | 8,60 €/MWhc | 15,60 €/MWhc |
| Juin | 8,48 €/MWhc | 12,91 €/MWhc |
Source : registre national des CEE EMMY, prix moyens pondérés mensuels des cessions. Données consultées en août 2026.
Ces valeurs illustrent notamment l’écart qui peut exister entre le prix des CEE classiques et celui des CEE précarité.
Une cotation CEE ne peut être interprétée correctement sans connaître la catégorie de certificats, l’indicateur utilisé et la période observée. Deux valeurs exprimées en €/MWh cumac peuvent ainsi correspondre à des réalités de marché différentes.
Avant de comparer deux cotations, il faut vérifier :
Une cotation n’est donc comparable à une autre que si son périmètre, sa période et la nature de l’indicateur sont identifiés.
L’évolution du cours dépend de trois variables principales : les besoins des obligés, les CEE qu’ils détiennent déjà et le rythme de production de nouveaux certificats. C’est leur évolution respective qui peut créer ou réduire une tension sur le marché.
Une augmentation des besoins d’achat n’entraîne donc pas nécessairement une hausse immédiate du cours. Si les acteurs disposent de stocks suffisants ou si de nouveaux CEE sont produits en quantité, cette demande peut être absorbée. À l’inverse, des volumes disponibles insuffisants peuvent renforcer la concurrence pour acquérir des certificats.
La réglementation agit également sur cet équilibre en faisant évoluer les gisements accessibles. La création, la modification ou la suppression de fiches d’opérations standardisées, ainsi que les changements de bonification, peuvent modifier les volumes de CEE susceptibles d’être générés.
Le cours est généralement exprimé en euros par MWh cumac, tandis que les fiches d’opérations standardisées permettent de calculer des volumes en kWh cumac.
La conversion est simple :
1 MWh cumac = 1 000 kWh cumac
Pour un volume de 1 000 000 kWh cumac, soit 1 000 MWh cumac, et une valorisation négociée à 8,50 €/MWhc :
1 000 MWhc × 8,50 € = 8 500 €
Cette valeur reste théorique tant que les conditions de valorisation ne sont pas contractualisées.
Non. Le cours d’un certificat et le montant d’une prime versée pour une opération correspondent à deux notions différentes.
Pour estimer la valeur potentielle d’une opération, il faut d’abord déterminer le volume de CEE qu’elle peut générer. Ce volume est déterminé selon la fiche applicable et peut notamment dépendre de la surface, de la zone climatique, du secteur ou des performances de l’équipement.
Ce volume peut ensuite être rapproché d’un prix de valorisation pour estimer sa valeur économique. Le montant effectivement versé dépend toutefois des conditions prévues avec l’acteur qui finance ou valorise l’opération.
Cours des CEE × volume en MWh cumac donne une indication de valeur, pas nécessairement le montant final versé au bénéficiaire ou au professionnel.
Pour un professionnel qui génère régulièrement des opérations CEE, suivre le marché permet de mettre en perspective les conditions de valorisation proposées avec les niveaux de prix observés. Cette lecture devient particulièrement utile lorsque les volumes augmentent ou que plusieurs opérations doivent être suivies dans le temps.
Le cours ne constitue toutefois qu’une donnée parmi d’autres pour piloter cette activité. La valeur effectivement générée dépend aussi des volumes de CEE produits, tandis que la capacité à les valoriser repose sur l’identification des opérations éligibles, la conformité des dossiers et leur suivi jusqu’à finalisation.
À cette échelle, disposer d’une vision consolidée des opérations permet de rapprocher volumes générés, valorisation et avancement des dossiers. La technologie La French Rénov’ centralise ces données et le suivi des opérations CEE afin de faciliter ce pilotage.